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Un été 48 d'Emmanuel Prost

J’ai découvert Emmanuel Prost avec « Les enfants de Gayant » que j’avais adoré en dépit d’une faible attirance pour les romans dits « du terroir » qui, handicap supplémentaire pour celui-ci, s’appuient sur une base historique. Et pourtant, la magie avait opéré. Le film s’était déroulé devant mes yeux. Condition indispensable pour que je me laisse embarquer.

J’ai abordé « Un été 48 » avec peut-être encore plus de réticences, de par le côté « bulles de champagne » revendiqué par l’auteur. Les mineurs, le château de la Napoule, l’après-guerre, etc. Ouais… Je me demandais bien comment Emmanuel parviendrait à me captiver avec ces éléments durant les quelques 418 pages de l’ouvrage. Mais c’était compter, une fois encore, sans le talent de conteur de Monsieur Prost. Eh oui, je me suis laissé embringuer dans cette aventure pittoresque d’un groupe de mineurs débarqués sur la côte d’Azur. J’ai souvent souri avec Jedjé et ses approximations, ses chansons, avec la tonitruante Maria. J’ai été ému par la découverte de l’amour de Bella et Tiénot. J’ai même versé ma petite larmichette comme une jouvencelle. Si, Si ! Il faut dire que certains passages ne peuvent qu’évoquer nos propres souvenirs et ce, qu’ils se situent à l’époque ou bien plus récemment…

Et chaque chapitre appelait le suivant, une fois encore… Ce roman est incontestablement un « tourn’ eul’ page », version patoisante du « page turner », histoire de rester dans l’esprit. Attention toutefois ! Ne vous attendez pas à un « Bienvenue chez les ch’tis » qu’on vous ferait à l’envers. On est loin de la grosse farce orchestrée par Dany Boon. Même si certains personnages peuvent sembler caricaturaux, on sent ici encore toute l’affection qu’Emmanuel a pour eux. J’oserais parler d’amour même, pour ces petites gens du bassin minier.

Ajoutez un final magnifiquement amené et vous avez à portée de main un roman frais, détaillé sans être didactique, historiquement très documenté, plein d’humour et de tendresse.

Alors, pour conclure, un « feel good book » ? Non, un « lif’ où teu t’sint fin bénach’ ».

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