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MARIE CHRISTMAS !

En cette avant-veille de Noël, j'ai eu envie de vous faire un petit cadeau, à vous qui me faites le plaisir de venir lire ce blog.

Au début de l'année 2015, pour rester dans l'esprit "série américaine", j'avais écrit un épisode spécial Noël. Très différent des autres, plus intimiste, vraiment personnel, il ne s'intégrait pas dans la série des aventures de Marie et Simon.

Plutôt que de le laisser se perdre au fond de mon disque dur, j'ai décidé de le publier ici. Par rapport à son contenu original, j'ai été contraint de l'amputer de quelques passages dévoilant des éléments de l'intrigue des épisodes à venir. Cependant, ce n'était pas le propos principal de cet épisode.

Bonne lecture à tous !

MARIE CHRISTMAS !

CHAPITRE 1

Mercredi 24 décembre 2014, 23H32

Marie venait de se prendre un café au distributeur et regagnait son bureau, un gobelet fumant à la main, savourant le calme de cette soirée. Elle s’installa dans son fauteuil, le bascula en arrière et croisa les pieds sur son bureau, pour porter à ses lèvres le gobelet, dont le contenu lui permettrait de tenir toute la nuit.

Chaque année, elle se portait volontaire pour assurer la permanence de cette nuit qui, pour elle, n’avait rien de magique. Depuis l’arrivée de Clara dans sa vie et malgré la naissance de son fils, rien n’avait changé. Bien sûr, elle se réjouissait à l’avance des rires et des yeux éblouis des enfants lors de l’ouverture des cadeaux, mais cette nuit du vingt-quatre décembre serait comme tous les réveillons de Noël précédents : elle la passerait seule dans son bureau du SRPJ.

Pourquoi ? Pourquoi est-ce que je ne ressens pas cette magie de Noël ?

Pardon ?

Il doit bien y avoir une raison…

Ben oui, mais…

Mais quoi, bordel ?

C’est un peu le but de l’épisode, tu vois… Je ne vais pas te répondre dès la dixième ligne. Et puis d’abord, depuis quand les personnages de roman s’adressent-ils à leur auteur ?

Ben, c’est la magie de Noël !

Mouais… Je peux reprendre ?

Merci.

Elle souffla sur les volutes de vapeur d’eau qui s’échappaient de sa tasse et n’étaient pas sans lui rappeler celles de son Colt.

Ça va pas…

Quoi encore ?

Alterner l’italique quand c’est moi qui parle et le romain, quand c’est toi… Ça va vite être le bordel.

Parce que tu as l’intention de m’interrompre longtemps comme ça ?

Marie : Possible.

Denis : C’est mieux comme ça ?

Marie : Oui, je pense que tu vas y gagner en lisibilité.

Denis : Parce que tu es « réviseur éditorial » toi, maintenant ?

Marie : Oh, ça va ! Pas la peine d’être agressif ! Je donne mon opinion, c’est tout.

Denis : Pff…

Tout en buvant son café, elle jouait avec le piercing de son nombril toujours visible entre la ceinture de son jean et le bas de son débardeur.

Marie : Tiens ! Justement. Parlons un peu de ma tenue.

Denis : Je sens que je ne suis pas au bout de cet épisode… Vas-y !

Marie : Vingt-quatre décembre, le bide à l’air ! Hiver comme été, débardeur et perfecto. Et jamais un rhume.

Denis : Tu ne vas pas te plaindre de ne pas être malade quand-même ?

Marie : Oh, moi ce que j’en dis, c’est pour toi. J’essaie de t’aider un peu, te donner une approche plus pragmatique, plus féminine…

Denis : Toi ? Féminine ? Tu es à la féminité ce que Jean-Claude Vandamme est au cinéma d’auteur.

Marie : C’est méchant, ça.

Denis : Pour Vandamme ? Oui, sans doute.

Marie : Et d’abord, à qui la faute si je ne suis pas féminine ? Qui a eu l’idée que son personnage principal devait être si peu féminin ?

Denis : Et depuis quand tu es le personnage principal, s’il te plaît ?

Marie : Oh, arrête. Je veux bien admettre qu’au début, Simon et moi partagions la tête d’affiche, mais maintenant…

Denis : Quoi, maintenant ?

Marie : Ça a changé un peu, non ?

Denis : Possible. Bon, où en étais-je ?

Marie : Les volutes de café qui ressemblent à la fumée de mon Colt… J’aime bien ça.

Denis : Merci.

Aussi loin que son esprit pouvait remonter, elle ne gardait aucun bon souvenir de Noël.

Marie : T’as pas répondu à ma question.

Denis : Laquelle ?

Marie : Pourquoi je suis comme ça ?

Denis : C’est compliqué.

Marie : Pas grave, on a tout le temps. Je suis bien calée dans mon fauteuil avec un café. Vas-y.

Denis : Bon, OK. Tu sais que je suis fan d’Harlan Coben.

Marie : Ouais.

Denis : Je voulais un personnage qui soit une sorte de pendant féminin de Windsor Horne Lockwood III…

Marie : Win ? Le psychopathe ?

Denis : Tu ne peux pas le résumer à ce seul qualificatif, mais… oui !

Marie : Putain !

Denis : Ne te vexe pas. C’est un personnage très complexe. Et, comme toi, le plus dévoué des amis.

Marie : Ouais, mais quand-même. Il tue pour le plaisir, pas moi.

Denis : Je n’ai pas dit non plus que vous étiez identiques. Cependant, je me voyais mal te décrire comme une grande blonde en tailleur Chanel avec un Colt Python.

Marie : Ça aurait pu être marrant.

Denis : Peut-être, mais tu t’es imposée à moi, telle que tu es aujourd’hui : complètement folle mais très attachante.

Marie : Ça, c’est gentil.

Denis : …

Marie : Tu penses à quoi ?

Denis : C’est bizarre.

Marie : Quoi donc ?

Denis : De discuter avec toi, comme ça.

Marie : Mais on ne discute pas vraiment. C’est toi qui écris ces lignes.

Denis : Oui, c’est certain, mais à force d’imaginer ce qui peut se passer dans ta tête, tu es devenue plus qu’un simple personnage. Tu fais partie de ma vie maintenant.

Marie : T’es un grand malade, toi.

Denis : Tu crois ?

Marie : Ben, de vouloir donner vie à ses personnages. D’ailleurs, on ne sait pas vraiment à quoi je ressemble en fait.

Denis : On sait que tu es brune, que tu as les cheveux courts, que tu es menue. On connaît l’emplacement de tes piercings, le détail de tes tatouages… C’est pas mal déjà, non ?

Marie : Ce n’est pas suffisant pour que je puisse me regarder dans un miroir…

Denis : Je n’avais jamais pensé à ça. Mais, tu sais, je ne suis pas fan des longues descriptions.

Marie : Tu pourrais essayer.

Denis : Mouais…

Marie : S’il te plaît, pour me faire plaisir.

Denis : OK, mais je ne te promets rien.

Marie : Génial, j’ai hâte !

Denis : Bon…

Ces nuits passées seule au SRPJ étaient pour Marie, autant d’occasions de réfléchir au sens de sa vie, à l’avenir. Elle jeta le gobelet dans sa poubelle et se dirigea nonchalamment vers les toilettes, laissant courir sa main sur le garde-corps en métal de l’escalier. Ici, elle se sentait un peu comme à la maison. Elle ouvrit la porte des sanitaires et alluma la lumière. Le néon tressauta quelques secondes avant d’éclairer le lavabo. Elle fit couler un peu d’eau froide et se rafraîchit le visage. Elle plongea son regard dans les grands yeux verts de son reflet. Ces yeux avaient déjà vu passer tant d’images horribles… Et ils en croiseraient encore beaucoup, à n’en pas douter. Elle prit de nouveau un peu d’eau dans le creux de ses mains et s’en aspergea le visage. Elle ne portait que peu de maquillage, certainement pour ne pas trop ressembler à une femme ; mais, malgré tout, ses traits restaient féminins : les pommettes hautes, le nez acéré, les lèvres fines. Elle lissa ses cheveux humides vers l’arrière, les coinçant derrière les oreilles. Il faudrait bientôt qu’elle aille chez le coiffeur. Elle détestait ça. Elle sortit son téléphone de sa poche et retrouva rapidement les photos d’une fête où Simon l’avait convaincue de se déguiser en femme fatale. Ainsi vêtue d’une longue robe, maquillée, coiffée d’une perruque rousse, elle se trouvait presque jolie. Mais sur les images qu’elle faisait défiler, elle ne se reconnaissait pas. C’était une autre ; un personnage qu’elle avait joué et qui n’avait rien à voir avec le commissaire Walcovitch. Son doigt glissa encore à plusieurs reprises, jusqu'à une photo prise par Diamantina où elle tenait son fils dans les bras. Cette image non plus n’était pas celle du commissaire Walcovitch. C’était pourtant celle qu’elle préférait : celle de Marie, dans son plus beau rôle : celui de Maman.

Denis : Marie ?

Marie : …

Denis : Tu n’es plus là ?

Marie : Si…

Denis : C’est pas terrible, hein ?

Marie : Si, mais ça me fait bizarre de me voir pour la première fois.

Denis : Désolé. J’aurais dû y penser plus tôt.

Marie : Je peux te poser une question ?

Denis : Oui.

Marie : Si un jour une actrice devait jouer mon rôle, ce serait qui ?

Denis : J’ai une image bien précise de toi et elle ne correspond pas à une actrice en particulier, tu sais…

Marie : Celle qui ressemble le plus à l’image que tu as de moi, alors.

Denis : Disons… Un petit mélange de Marie Gillain, de Marion Cotillard et d’Audrey Tautou. Ça te va ?

Marie : Un peu mon n’veu ! Je suis une vraie bombe en fait !

Denis : Oui, si tu veux.

Marie : Mais ?

Denis : Mais rien, voyons… Tu es très jolie.

Marie : Mais ? tap, tap, tap.

Denis : C’est quoi tap, tap, tap ?

Marie : Je tape du pied en attendant que tu te décides. Tu es bien placé pour savoir que ma patience est très limitée.

Denis : C’est juste que ce n’est pas ton physique qui fait ce que tu es. Tu as beaucoup de qualités.

Marie : Pas mal de défauts aussi.

Denis : Oui, évidemment. Si tu n’étais pas aussi casse-cou et casse…

Marie : Casse-couilles ?

Denis : Oui. Mais c’est toi qui l’as dit.

Marie : Forcément, c’est par ma bouche que tu te défoules.

Denis : Tu es plus fine psychologue qu’il ne semble.

Marie : C’était facile à deviner. Pas besoin de s’appeler Sigmund pour ça.

Denis : Ça te gêne ?

Marie : Non, tu rigoles ? Au contraire !

Denis : Et puis, ça fait partie de ta personnalité.

Marie : C’est sympa de parler de ma « personnalité ».

Denis : Tu as beau être fictive, tu as une vraie personnalité.

Marie : Comment ça ? C’est toi qui l’as créée ma personnalité, non ?

Denis : Oui, et non… C’est difficile à expliquer, mais… quand j’écris, il arrive que je perde un peu le contrôle et que les phrases arrivent sans crier gare. Quand je relis, je ne me souviens parfois même plus de ce que j’ai raconté.

Marie : Quand je disais que t’étais bon pour l’asile.

Denis : Possible, oui. Mais je pense que c’est de là qu’est née ton identité ; un peu comme une projection de mon subconscient.

Marie : Ah, oui ! Un autre petit détail aussi. Comment tu expliques que je bosse avec Simon depuis huit ans maintenant et que je sois la marraine de Roxane qui en a onze ?

Denis : Oh, tu chipotes ! Tu peux très bien connaître Simon depuis plus longtemps et que vous vous soyez rencontrés à l’école de police, par exemple…

Marie : Non ! Sinon, j’aurais su que Simon était un bon tireur.

Denis : Quel rapport ?

Marie : Quand tu parles de sa phobie des armes, tu cites Benjamin comme témoin de ses excellents cartons à l’école de police... pas moi.

Denis : Tu vois, je suis certain que personne n’avait remarqué ce détail. Tu viens de me pourrir le truc !

Marie : Désolée mais c’est important. C’est comme une rupture de mon continuum espace-temps personnel.

Denis : Eh bien, disons que vous vous êtes rencontrés lors d’un stage de profilage en 1995 et que vous ne vous êtes plus quittés. Ça te va ?

Marie : Oui, mais tu aurais dû l’écrire !

Denis : Ben, voilà… C’est fait.

Marie : Dong… Dong… Dong… Dong… Dong… Dong… Dong… Dong… Dong… Dong… Dong… Dong…

Denis : Il est minuit ?

Marie : Ouais…

Denis : Joyeux Noël, Marie.

Marie : À toi aussi.

Denis : Ce n’est pas Noël pour moi. Nous sommes le vendredi 6 février 2015.

Marie : Et, il est quelle heure ?

Denis : Presque vingt-trois heures.

Marie : Tu ne vas pas dormir ?

Denis : Pas encore.

Marie : Tes enfants sont couchés ?

Denis : Comment tu sais que j’ai des enfants ?

Marie : La dédicace de « Du 357 dans le shaker »…

Denis : Ah oui, c’est vrai.

Marie : Et Ingrid, c’est ta femme je suppose.

Denis : Gagné !

Marie : Tu ne vas pas la rejoindre ?

Denis : Elle est à Londres.

Marie : Ça fait loin.

Denis : Oui, plutôt.

Marie : Elle te manque ?

Denis : Oui.

Marie : Moi aussi…

Denis : Ma femme te manque ?

Marie : Mais non, blaireau ! Diam…

Denis : Va la rejoindre dans ce cas.

Marie : Je ne peux pas laisser la taule vide.

Denis : Bah… Il ne se passera rien cette nuit, de toute façon. Je vais m’arranger.

Marie : Ou alors, tu me fais faire un petit retour dans le passé.

Denis : Si tu veux.

Marie : Merci. On se parlera encore ?

Denis : Qui sait ?

Marie : Ça m’a fait plaisir.

Denis : À moi aussi, Marie.

CHAPITRE 2

Mercredi 24 décembre 2014, 23H32

Diamantina ôta ses lunettes et se massa les yeux. La fatigue commençait à la gagner. Il faut dire que ses journées étaient particulièrement bien remplies : entre son travail au cabinet, les audiences, les plaidoiries à préparer, les devoirs de Clara et Simon qui, à presque huit mois, demandait encore beaucoup d’attention, elle n’avait pas vraiment de temps pour elle. Mais n’est-ce pas le quotidien de toutes les mamans ?

Elle referma son dossier. Il était temps de mettre les cadeaux au pied du sapin. Simon n’avait évidemment pas encore conscience de ce qui se préparait mais Clara, en dépit du fait qu’elle ne croyait plus au père Noël depuis longtemps, serait levée aux aurores pour se précipiter sous le sapin. Il fallait que Diamantina ait quelques heures de sommeil derrière elle pour apprécier ce spectacle qui était toujours, pour elle, un enchantement. Elle aurait voulu que Marie soit là, pour disposer les paquets… Mais sa compagne ne semblait pas vouer la même importance qu’elle à cette fête familiale. L’année précédente, pourtant enceinte, elle avait tenu à assurer la permanence au SRPJ. Simon avait confié à Diam qu’il s’agissait d’une sorte de rituel, immuable, dont il ignorait l’origine. C’était ainsi. Sans qu’on sache pourquoi. De plus, au SRPJ, on ne posait pas trop de questions car chacun préférait être chez soi pour cette nuit particulière. Au fond, on est bien moins curieux lorsqu’on a un intérêt à rester dans l’ignorance.

Diam allait poser le premier paquet, quand elle entendit un bruit au niveau de la porte d’entrée ; des clefs que l’on fait tourner pour trouver la bonne. Sans trop y croire, elle se précipita et ouvrit la porte, sans même imaginer qu’il puisse s’agir d’un cambrioleur.

- Marie ? Qu’est-ce que tu fais là ?

Sans un mot, Marie embrassa sa moitié et remit ses clefs dans la poche de son manteau de laine. Diam prit un peu de recul et la toisa un instant.

- Il te va bien. Ça change de ton éternel perfecto.

- Merci, répondit-elle simplement en enlevant le fameux manteau que Diam lui avait acheté quelques jours plus tôt et qu’elle portait pour la première fois.

- Ça ne va pas ?

Une fois encore, Marie demeura silencieuse et s’assit dans le canapé, les yeux rivés sur le sapin et ses guirlandes clignotantes. Diam la rejoignit et lui posa la main sur l’épaule. Elle la connaissait suffisamment maintenant pour savoir qu’il fallait lui laisser du temps pour lâcher ce qu’elle avait sur le cœur. À son tour, elle se laissa happer par les scintillements de l’arbre de Noël.

- Tu vas trouver ça con…, marmonna Marie après un long silence.

- Quoi donc ?

Marie se tourna vers elle et lui prit les mains.

- Je crois que je me suis assoupie au bureau.

- Oh là là ! Commissaire ! Vous méritez un blâme.

- Non, c’est pas le problème…

- Il est où alors, le problème ?

- C’est vraiment très con… Quand je me suis réveillée, sans raison, j’ai eu envie de rentrer.

Diam serra les mains de Marie entre les siennes.

- Je ne trouverai jamais con que tu décides de rentrer à la maison plus tôt que prévu, tu sais ?

- Oui, mais c’était vraiment bizarre. J’veux dire, c’était plus fort que moi. J’ai appelé Jonathan et Virginie.

- Et ils sont venus ?

- En fait, ils étaient déjà dans leur bureau, en train de faire une partie de Grand Theft Auto V.

- Et te voilà, relança Diam, les yeux brillants de bonheur. Tu vas voir, c’est une nuit magique.

Elle se leva et tendit à Marie le premier paquet.

- Tiens ! À toi de le mettre devant le sapin.

Marie le posa près d’elle.

- Explique-moi une chose d’abord.

- Oui.

- Clara ne croit plus au père Noël, n’est-ce pas ?

- Ben non.

- Et Simon est trop petit.

- Ben oui, où veux-tu en venir ?

- Pourquoi tout ce cinoche ?

- Du cinoche ?

Diam s’agenouilla devant sa chérie.

- Laisse-moi te raconter une histoire. Quand j’étais petite, chaque année, mon père se déguisait en Babbo

- Babbo ?

- Papa Noël, en italien… Nous savions tous que c’était lui, mais c’était une telle joie de le voir arriver avec sa hotte, que nous jouions le jeu. Cinq minutes après que Babbo soit parti, mon père revenait, dans l’indifférence la plus totale, tant nous étions absorbés par l’ouverture de notre cadeau. Nous avons vraiment pris conscience de sa mort quand, le Noël suivant, c’est mon oncle qui a revêtu le costume de Babbo.

Diam essuya la larme qui coulait le long de sa joue.

- C’est triste ton histoire.

- Non, au contraire ! C’est cette image que je garderai de mon père. Et je veux que pour nos enfants, Noël soit le symbole de la joie. Tu comprends ?

Marie acquiesça, sans mot dire.

- Et toi ? relança Diam. Tu as bien des souvenirs de Noël, non ?

- Non… Je… Je n’ai jamais cru au père Noël.

- C’est vrai ? Même quand tu étais petite ?

- Je devais avoir trois ou quatre ans quand j’ai posé la question à mon père.

- Quelle question ?

- Pourquoi nous ne fêtions pas Noël.

- Et ?

- Et il m’a expliqué que c’était une fête qui avait été créée de toute pièce pour faire vendre ; qu’à l’origine, c’était une fête païenne, pour le solstice d’hiver ; rien de plus.

- Tu vois, soupira Diam, c’est beaucoup plus triste que chez moi.

- Oui, tu as raison.

Marie prit le paquet et le déposa au pied du sapin, le tournant plusieurs fois, afin de trouver la position idéale.

- Mais, je n’ai pas acheté de cadeau, lâcha-t-elle, confuse.

Diam passa les bras autour du cou de sa bien-aimée.

- Tu es là ! C’est le plus beau des cadeaux.

Marie passa les doigts dans les cheveux de Diamantina.

- C’est toi, la magie de Noël.

Les deux femmes continuèrent à installer les cadeaux. Curieusement, Marie y prit beaucoup de plaisir. Par moment, des bribes d’un étrange rêve lui revenaient en mémoire, comme une impression de déjà vu, de déjà vécu… Lorsqu’elle entendit les douze coups de minuit, elle eut la curieuse sensation de les avoir entendus un peu plus tôt dans la nuit, assise à son bureau du SRPJ… Étrange.

- Joyeux Noël, Marie.

- Joyeux Noël à toi aussi…

CHAPITRE 3

Mercredi 25 décembre 2014, 07H04

À peine éveillées, Diamantina et Marie entendirent une tornade dévaler l’escalier. Elles se levèrent en hâte et suivirent la petite fille jusqu’au salon. Elle sautillait devant le sapin.

- Tu peux les ouvrir, lança sa maman.

- Non, faut attendre mon petit frère ! Je peux aller le réveiller ?

- Si tu veux, répondit Marie en lui souriant.

Clara monta l’escalier aussi vite qu’elle l’avait descendu et réapparut quelques minutes plus tard avec le petit Simon dans les bras et, caché dans son dos, un petit paquet qu’elle déposa à son tour devant le sapin.

- C’est pour Simon, chuchota-t-elle comme si le bébé pouvait la comprendre.

Il souriait lui aussi, sans doute attiré par les lumières clignotantes et les boules brillantes, savamment agencées par Diam et Clara. Marie ne ratait rien du spectacle, main dans la main avec Diamantina.

- C’est ça, la magie de Noël ! lui glissa sa tendre avocate.

- Je sais et c’est grâce à toi.

À cet instant, Marie prit une résolution : l’année suivante, elle ne serait pas de permanence ! La nuit de Noël 2015, elle serait chez elle, à préparer la fête ! Peut-être même, iraient-ils tous à la messe de minuit…

Marie : T’es malade ! Tu sais ce que tu peux en faire de ta messe ?

La magie de Noël a ses limites…

JOYEUX NOEL A TOUS

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