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Roubaix 70's

Dans la série "je poursuis ma découverte de la collection Polars en Nord", je viens d'achever la lecture de Roubaix 70's de Luc Watteau. Avant de vous livrer mon sentiment sur ce roman, il faut au préalable en expliquer la genèse. C'est en effet un numéro très particulier dans la collection, puisqu'il porte le numéro 100 ! (Tiens, au fait, ce ne serait pas bientôt la sortie de 200 ???). Pour marquer l'événement, Ravet-Anceau a eu l'idée d'ouvrir un concours dont le gagnant aurait le plaisir de voir son ouvrage intégrer les rayons de nos librairies. Sous le haut parrainage de Franck Thilliez (et oui, rien que ça !), un jury a décidé de choisir le manuscrit de Luc Watteau comme lauréat de ce concours judicieusement nommé "Sang pour 100".

Luc Watteau est flic, enfin l'était, jusqu'en 2006. Inspecteur puis commandant à Roubaix, il a passé trente ans dans cette administration. Une fois en retraite, l'idée de Roubaix 70's lui est venue : raconter "l'itinéraire d'un flic ordinaire", un inspecteur de Roubaix dans les années 70... Inspecteur... Roubaix... C'est bien évidemment sur son propre itinéraire et celui de ses collègues que Luc s'appuie pour cette histoire. Il m'a avoué, lors du salon de Nieppe, que rien n'était inventé et que les aventures de son héros, Franck Malmaison, lui étaient arrivées, à lui ou à un copain... Moi qui pensais faire dans la caricature, je me suis rendu compte en lisant le livre que j'étais peut-être encore en dessous de la réalité ! Comment dire ? Pour faire simple : j'ai vécu cette expérience comme une plongée dans un univers assez proche de celui d'Olivier Marchal... Ancien policier lui aussi, il est habitué à nous immerger dans la vie de ces flics borderline. Ici, le jeune inspecteur Malmaison fait preuve d'une pugnacité et d'un sens du devoir inaltérables et, malgré les guéguerres entre les services, ne recule pas devant quelques arrangements avec la vérité, pour boucler ses dossiers.

Dans Roubaix 70's, on ne se perd pas dans de longues descriptions, au profit d'un rythme soutenu et d'une action quasi-ininterrompu... Ceux qui me connaissent savent que c'est plutôt le style que j'apprécie. Si en plus, on a droit à des dialogues savoureux, qu'on imaginerait sortis d'un film de Lautner, dialogué par Audiard, qu'on se retrouve baigné dans un argot policier où les (plus ou moins) bons mots fusent à tout va, que demander de plus ? Et puis, on est dans les années 70... Alors, ça picole pas mal. Un passage m'a d'ailleurs particulièrement amusé lorsque l'un des protagonistes envisage un commissariat dépourvu de bar... Impensable ! Plus sérieusement, on comprend aussi la difficulté d'avoir une vie de famille pour ces flics "ordinaires", la sympathie qu'ils peuvent parfois ressentir pour certaines victimes, voire même certains coupables, le rapport équivoque avec les tontons... On trouve donc aussi pas mal d'émotions dans ce roman. Et tout ça, eh bien ça fait un sacrément bon polar, "putain d'Adèle" !

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